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  1. #1
    Leslie Nielshun Président d'honneur Avatar de Shun
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    [TOP SOFOOT] 15 - Delio Onnis (1) + interview

    Les 100 meilleurs joueurs du Championnat de France (ASM only) - groupe 15

    #1 - Delio Onnis

    DELIO ONNIS, LE ROMAN DU RENARD

    Le numéro 1 de notre classement des 1000 plus grands joueurs du championnat de France, c'est lui. À Reims, Monaco, Tours, puis Toulon, Delio Onnis aura successivement joué le milieu de tableau, le titre et le maintien, promenant partout son museau et son flair de renard des surfaces. Meilleur buteur de l’histoire de l'élite hexagonale, celui qui a marqué dans plus de 35 stades, face à plus de 70 gardiens différents, aura mêlé le haut et le bas, le banal à l’extraordinaire, l’égoïsme et l’altruisme. Aujourd’hui encore, il reste le plus glorieux avatar d’une certaine idée du football français, où le merveilleux n’est jamais aussi beau que lorsqu'il surgit de l’ordinaire.



    #1 - Delio Onnis
    Reims (1971-1973), Monaco (1973-1980), Tours (1980-1983), Toulon (1983-1986)




    D’abord, une étrangeté : le meilleur buteur de l’histoire du championnat de France n’a inscrit qu’un seul et unique but en Coupe des clubs champions. Comme si sa plus illustre gâchette incarnait la banalité d’une élite hexagonale condamnée à l’ordinaire sur la scène continentale. Deux ans après la finale de C1 que Saint-Étienne a perdue face au Bayern Munich, la fièvre verte est retombée, laissant la France du football à son train-train quotidien. En 1978, la Division 1 déploie ainsi son habituel charme hebdomadaire. Un ballet bien réglé de joueurs souvent moustachus, souvent chevelus, mais rarement trop grands ou trop carrés, dans une époque où le foot professionnel ne pousse pas encore à l’optimisation et à la standardisation des corps et des silhouettes. Delio Onnis n’est pas spécialement aérien. Ni rapide. Ni même bon dribbleur. On n’aura pas davantage vu celui qui évolue alors à l’AS Monaco marquer beaucoup de buts en dehors de la surface de réparation. À première vue, Delio Onnis est seulement l’attaquant ordinaire d’un championnat ordinaire. À l’issue de l’exercice 1977-1978, la feuille de stats de l’Italo-Argentin défie pourtant le sens commun : avec 29 pions en 35 rencontres, il est l’artisan majeur d’une équipe qui remporte son premier titre de D1, depuis 1963. Oui, lui, Delio Onnis. Ce type si normal, si bien élevé, pourtant capable de déséquilibrer l’équation trop cartésienne d’un match. D’inventer une singularité. De pianoter du bout des pieds ce son délicieux des filets qui tremblent, et des supporters qui hurlent ensemble.

    Fantastic Mister Fox
    Alors, pourquoi lui ? Comment peut-on planter 299 banderilles en Division 1 entre 1971 et 1986, sans jamais donner l’impression d’être le réceptacle de l’extraordinaire, du surhumain, comme Zlatan Ibrahimović ou Kylian Mbappé sauront si bien le faire plus tard ? Delio Onnis n’évoque pas le surnaturel de ces joueurs-là. Plutôt le Fantastique, au sens littéraire du terme. Au XIXe siècle, Nicolas Gogol, Edgar Allan Poe, puis Guy de Maupassant donnent ses lettres de noblesse à ce genre romanesque, caractérisé par un maître concept : l’intrusion inattendue du surnaturel, dans le cadre d’un récit aux contours réalistes. Comme un but de Delio Onnis en somme. Sur le pré, le guillotineur de l’AS Monaco est bien souvent d’une affligeante banalité. Jusqu’à ce qu’un bon ballon lui arrive dans les 16 mètres. Là, l’espace d’une poignée de secondes, le numéro 9 est transfiguré. Il a vu ce que les autres n’ont pas su déceler. Compris ce qu’ils n’ont pu saisir. Anticipé ce qu’ils n’ont pas su se figurer. L’histoire est déjà écrite : le Renard a ferré sa proie, pour retourner dans son terrier. La prochaine fois qu’il en ressortira, ce sera pour marquer. Encore une fois.

    Delio Onnis, pourtant, n’a ni moustache, ni pelage roux. Seulement une équation en bouche, pour expliquer son don : « D’abord, il y a l’instinct et la réussite qui rentrent pour 50% de la réalisation d’un but. Ensuite, il y a 30% que tu dois aux copains qui t’ont aidé à marquer. Puis, 20% d’adresse due au métier. C’est tout simple ! » Ok, mais si c’était si facile, tout le monde le ferait. Alors, quoi d’autre ? Sans doute une vision du football que le principal intéressé décrit lui-même comme circonscrite à la surface de réparation. Né en 1948 dans la campagne romaine - d’un père sarde et d’une mamma locale - le petit Delio déménage en Argentine avec sa famille, pour taper dans ses premiers ballons : « J’ai commencé comme gardien de but, puis à l’âge de 12 ans environ, je suis passé devant, avec le numéro 11 au dos. C’est après que je suis devenu avant-centre. Mais, de toute manière, je voulais être soit gardien de but, soit avant-centre. Parce que ce sont d’eux que viennent les deux grandes sensations du football : sauver le but, ou le marquer. » Naturalisé argentin, il débute à 18 ans en D2 nationale sous les couleurs d’Almagro, un petit club de Buenos Aires. Avant de découvrir l’élite avec le Club de Gimnasia La Plata, où il canarde à tout-va pendant cinq saisons. 98 matchs et 54 buts plus tard, Onnis s’envole pour la France en 1971, alors qu’un recruteur du stade de Reims l’a repéré, puis convaincu de rejoindre le club champenois. « J’avais 23 ans et quitter l’Argentine, quitter ma mère, fut la plus grande peine de ma vie. »

    1978, année érotique
    Le goupil sèche pourtant vite ses larmes. Ses 45 buts en deux saisons toutes compétitions confondues convainquent l’AS Monaco de l’enrôler dans ses rangs. Sur le Rocher, l’ange exterminateur peut déployer comme jamais ses ailes de vautour. Meilleur buteur de D1 puis dauphin de Carlos Bianchi - son doppelganger argentin - en 1975 puis 1976, il range ensuite son museau en D2, alors que l’ASM est reléguée le temps d’une saison à l’étage inférieur. Pour assurer leur retour dans l’élite, les Asémistes doivent battre leur concurrent à la montée, Gueugnon, lors de l’ultime journée du championnat. « Ce match, c’était une catastrophe, impossible de jouer avec la pluie battante, la boue jusqu'aux chevilles... rembobine Onnis. A la 90e ou 91e minute, il y a une balle là, qui ne sait pas où aller, à droite, à gauche, il tapait à l'un, il tapait à l'autre... Ça me revient et bim, je mets un pointu, et ça va dedans. » Un hasard pour personne, évidemment.

    Renforcés par les arrivées de Rolland Courbis et Bernard Gardon derrière, les Rouge et Blanc commencent la saison 1977-1978 à fond la caisse. Delio Onnis l’assure alors à tout le monde : il a fait un songe, qu’il pense prémonitoire. « J'ai rêvé qu'on allait gagner les cinq premiers matchs de championnat... Et c’est ce qu’on a fait ! Ce n'était pas un mensonge, je l'avais vraiment rêvé. On avait un gros calendrier, surtout pour un club qui montait, il n'y avait pas de petit match. Aller gagner à Bastia, c'était un exploit. Après, Reims, Bordeaux... Et pour être champion, on gagne aussi les cinq derniers matchs de la saison ! » À la surprise générale, le promu monégasque troque sa couronne princière pour celle de roi de France. Onnis, lui, finit seconde meilleure gâchette du championnat. Plutôt que de se pavoiser sur ses stats, le sublime charognard préfère souligner la symbiose parfaite qui régit désormais ses rapports avec ses partenaires : « Celui qui me connaissait le plus, c'était Christian Dalger. Il me faisait des passes et des centres millimétriques ! Albert Emon m'a beaucoup aidé aussi... Il y avait Omar Pastoriza, aussi, un autre joueur argentin, plus qu'extraordinaire... Je remercierais toujours ceux qui m’ont aidé à marquer mes buts. Ce n'est pas politique, je le pense vraiment. » Plus de quatre décennies plus tard, Dalger - pourvoyeur en caviars préféré d'Onnis en Principauté - ne s'explique toujours pas ce qu'il s'est vraiment passé entre lui et le goupil argentin : « J’ai vécu une vie normale, comme la plupart des joueurs de D1 de l’époque. Avant, on ne parlait pas de Dalger, parce que je n’avais pas Onnis. Mais voilà, il m’est arrivé un truc vraiment extraordinaire : cette connexion qui s’est créée entre Delio et moi. Notre complicité était quasi innée. C’est quelque chose que je ne m’explique pas, ça restera toujours impossible à analyser, un peu mystérieux. On était juste deux vagabonds sur un terrain de football, et ça a marché. »


    Des chiffres et une légende
    Une nouvelle fois meilleur buteur de D1 en 1980, l’Argentin de 32 ans quitte le Rocher, à la suite d'un désaccord avec sa direction. C’est à Tours, puis Toulon, qu’il continuera d’enquiller les pions avec une régularité métronomique, finissant encore deux fois en haut des charts des buteurs de l’Hexagone, en 1982, puis 1984. Gargantuesques, ses chiffres grossissent, au contraire de son melon, inversement proportionnel à ses accomplissements. « Il était d'une grande simplicité au FCT, rembobine Jean-Marc Furlan, équipier d’Onnis à Tours. J'étais un simple joueur et lui une star. Il ne faisait aucune différence. Un mec adorable. Je me rappelle les barbecues qu'on faisait ensemble. Il invitait beaucoup de joueurs... J'allais le chercher en voiture chez lui, car il n'avait pas le permis. Il venait d'ailleurs au stade en vélo. » L’Exécuteur - comme l’aura surnommé France Football - ne prendra sa retraite sportive qu’en 1986, à 38 ans. Tout le monde ou presque dit alors plus ou moins la même chose de lui. Rolland Courbis, qui assurait ses arrières à Monaco, parle d’un joueur « qui savait toujours tout avant tout le monde. Il anticipait les actions » . Antoine Dossevi, avec qui il était associé devant à Tours, se souvient que son équipe « courait pour Delio, car on savait qu'à un moment ou à un autre, il allait marquer. On s'est maintenu grâce à notre collectif et surtout grâce à lui. Il devinait où on allait lui mettre le ballon et il flairait tous mes bons coups. » Au moment de se retirer à jamais des terrains, l’Italo-Argentin totalise 299 buts inscrits en Division 1. Personne n’aura fait mieux dans toute l’histoire du championnat. Pas davantage de monde n’aura capté la logique de son don, cette mécanique du corps et de l’esprit insondable et irrésistible, qui n’appartient qu’aux grands seigneurs des surfaces de réparation. Le Maître Renard peut se retirer dans son bois sacré, les yeux qui pétillent encore de la malice de ses premières années. Son mystère est sauf. Sa légende aussi.
    Dernière modification par Shun ; 17/11/2022 à 11h37.
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  2. #2
    Leslie Nielshun Président d'honneur Avatar de Shun
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    DELIO ONNIS: « J’AIME QU’UN BUT SOIT UNE CONSTRUCTION COLLECTIVE »

    Il est donc le premier de notre top 1000 des plus grands joueurs de la première division. Champion de France 1978 et meilleur buteur de l’histoire du football hexagonal, Delio Onnis partage désormais sa vie entre Monaco et l’Argentine, la patrie de son enfance. À 74 ans, celui qui a empilé les pions à Reims, Monaco, Tours, puis Toulon revient avec beaucoup d’humilité sur une carrière qu’il estime devoir autant à son adresse de finisseur qu’aux passes ciselées de ses coéquipiers.
    PROPOS RECUEILLIS PAR ADRIEN CANDAU

    Delio, en préambule, ça vous fait quoi de figurer à la première place de ce classement ?
    Évidemment, c’est beaucoup trop pour moi. Sincèrement, je ne sais pas si je le mérite, mais je suis vraiment, vraiment touché. J’accepte ça avec beaucoup de bonheur, je suis très content, pour moi et pour ma famille.

    Que faites-vous aujourd'hui ?
    Je suis à la retraite. Je reviens périodiquement en Argentine - j’y suis en ce moment -, parce que ma maman de 95 ans est un peu fatiguée. Mais j’habite à Monaco avec ma famille.

    « Si Mbappé reste au PSG, je peux te dire qu’il va me dépasser. Et facilement. »

    Quand vous arrêtez votre carrière en 1986, vous facturez 299 buts en Ligue 1. Vous auriez pu penser que votre record tiendrait toujours, 36 ans plus tard ?
    Sincèrement, ça m'est arrivé de me poser la question. Ce n’est pas un titre, mais je suis très heureux d’avoir cette distinction. Même si je sais qu’un jour, je serai battu. Si Mbappé reste au PSG, je peux te dire qu’il va me dépasser. Et facilement.

    Comment vous êtes-vous retrouvé à jouer avant-centre ?
    Enfant, en Argentine, j’étais gardien de but, avant qu’on ne me replace au poste d’attaquant. Pour moi, ce sont deux positions intimement liées. Il y a un rapport à la cage qui s’installe. L’avant-centre et le gardien de but sont connectés, plus que tout autre joueur à mon sens. Quand tu te mets dans la peau d’un gardien, tu apprends des choses qui te serviront comme attaquant, et inversement. Par exemple, en tête à tête avec le portier, quelle jambe d’appui le gardien va utiliser pour se détendre et pourquoi.



    C’est parce que vous connaissiez aussi bien les gardiens que vous ne ratiez presque aucune occasion ?
    Non, ça c'est une légende urbaine ! Je vais te dire un truc : je ratais pas mal d’occasions. Ça m’était assez insupportable. Ce n’est pas exagéré de parler d’obsession. Je vais te raconter une histoire : un jour, à Tours, on a gagné un match contre Brest 5 à 1, j’ai mis un triplé. Le soir du match, je ne pouvais pas dormir. On me demande alors : « Mais pourquoi tu es nerveux comme ça ? Tu as marqué trois buts ! » Et moi, je répondais : « Oui, mais j’aurais dû en mettre cinq. » Un bon avant-centre doit toujours rechercher une forme de perfection, d’efficacité maximale.

    L'esthétique du but avait-elle une importance pour vous ?
    Non, absolument aucune. Les jolies choses, ce sont pour les gens dans la tribune. Pour nous qui sommes sur le terrain, il n’y a qu’un truc qui compte : que la balle passe la ligne, peu importe la manière. Il y a deux types de buts fondamentalement différents : ceux qui sont importants et décisifs et ceux qui ne le sont pas. Mais les beaux buts, les buts moches ? Je m’en foutais complètement.

    « Je pense que la spécificité du football, c’est que tu peux y faire jouer le médiocre, le moyen et le très bon joueur. La clé, c’est qu’il faut être intelligent. »

    On vous a souvent qualifié de « Renard des surfaces » , la plus belle expression du football. Mais certains vous reprochaient aussi d'être antispectaculaire, trop cantonné au dernier geste.
    Moi, je pense que la spécificité du football, c’est que tu peux y faire jouer le médiocre, le moyen et le très bon joueur. La clé, c’est qu’il faut être intelligent. Chacun doit jouer précisément en fonction de ses capacités. Si tu ne sais pas dribbler, ne le fais pas. C'était mon cas, je n'étais pas un dribbleur. Il faut être malin, se battre avec tes propres armes.

    Justement, outre votre adresse des deux pieds, vos ex-coéquipiers disent toujours que votre meilleure arme, c’était votre intelligence de jeu...
    Je vais te répondre via une anecdote. Un jour, on finit un match avec Tours et un supporter du FCT approche et me dit: « Je ne veux pas te faire un compliment bateau, alors voilà : toi, tu ne fais pas un mètre sans savoir pourquoi tu le fais. » C’est le plus bel éloge qu’on m'ait fait comme joueur de football.



    « Je ne remercierai jamais assez mes passeurs, tous ceux qui m’ont aidé à marquer. »

    On dit souvent qu’un grand attaquant doit savoir être égoïste.
    Je ne suis pas forcément d’accord avec ça. Je ne remercierai jamais assez mes passeurs, tous ceux qui m’ont aidé à marquer. Par exemple, devant, j’aimais jouer à deux, former des duos complémentaires. J’aime ce que ça raconte... J’aime qu’un but soit une construction collective. Dans le football où je jouais, c’était presque toujours le cas. La vraie spécificité de l’attaquant, c’est qu’il doit, à un moment donné, savoir avant les autres ce qu’il va se passer dans la surface de réparation.

    Vous êtes champion de France avec Monaco en 1978, mais vous quittez l’ASM deux ans plus tard, pour vous engager à Tours, un promu. Ça peut sembler étrange, non ?
    Sans doute. Je t’explique comment j’ai fini au FCT : Monaco et le président Campora me proposaient seulement un an de contrat supplémentaire. J’en voulais deux. J’avais encore fini meilleur buteur du championnat cette saison, mais je me suis blessé au genou et j’ai fait trois mois sans jouer. Je savais aussi que Monaco cherchait à recruter un attaquant pour me remplacer, un très grand avant-centre qui jouait au Barça, Hans Krankl. Moralement, ça m'a fait beaucoup de mal. Monaco, c’est un peu ma vie, tu vois ? Bref, un jour, j'ai reçu un courrier de Tours. On me propose trois ans de contrat et de gagner trois fois plus que ce que je touche à Monaco. Mais j’étais tellement attaché à l’ASM que, à l’aéroport de Nice, juste avant de signer, je passe un coup de fil à Campora. Je lui dis : « Président, écoutez, j’ai un stylo à la main, on me propose un contrat dans un autre club, où je serai trois fois mieux payé. Malgré ça, je suis disposé à rester à Monaco si vous m’offrez deux ans de contrat au lieu d’un. » Il a dit non...

    Rétrospectivement, ils ont dû s'en vouloir à Monaco quand même...
    J’ai fini deux fois meilleur buteur de D1 à Tours en 1982 puis 1984, alors que j’avais 32 ans quand j’y suis arrivé... Est-ce qu’ils m’ont regretté à Monaco ? Je ne peux pas te répondre. Sur le coup, j’en voulais beaucoup à Campora, mais bon, je peux te dire que c’était quand même un très grand président.



    « J’ai beaucoup souffert, comme tout joueur qui met fin à sa carrière. Ceux qui disent le contraire sont des menteurs. »

    Vous vous retirez des terrains en 1986. Ne plus marquer de buts, ça vous a terriblement manqué ?
    En fait, ce qui m’a d’abord manqué, c’était de ne plus aller aux entraînements tous les jours. J’ai beaucoup souffert, comme tout joueur qui met fin à sa carrière. Ceux qui disent le contraire sont des menteurs. La chance que j’ai eue, c’est que mon retrait a été, en un sens, graduel. J’ai pu compenser en devenant l’adjoint de Rolland Courbis - un de mes anciens coéquipiers à Monaco - à Toulon. Je n’ai pas coupé complètement avec le football.

    Finalement, est-ce qu'il y a un moment que vous retenez plus que les autres dans votre carrière ?
    Pas un moment, mais plutôt un ensemble de gens. Ma carrière, mes buts, tout ça, c'est très joli. Mais tout seul, je n’aurais pas pu le faire. Ce qu’il me reste avant tout, ce sont ces personnes-là, qui m’ont aidé à marquer tous ces buts. Des gars incroyables comme Christian Dalger, Albert Emon et plein d’autres qui mériteraient tout autant d'être cités. Si tu m’appelles aujourd’hui de France, c’est en grande partie grâce à eux. Je ne les oublie pas. Je sais qu’ils ne m’ont pas oublié non plus.

    PROPOS RECUEILLIS PAR ADRIEN CANDAU
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